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En ce 8 mars, surtout pas de fleurs pour moi…


Mercredi, mars 8th, 2017

En ce 8 mars, surtout pas de fleurs pour moi…

Parce que les fleurs c’est périssable… ♩♬♫♪

 

Même un acte qui aurait pu être considéré comme chaleureux, bienveillant et reconnaissant peut avoir des conséquences « dramatiques »…. Celui d’offrir des fleurs aujourd’hui parce que ce serait soi-disant « la journée de la femme », n’en déplaise à mes amis fleuristes, laisse entrevoir un peu de légèreté sans doute sur la connaissance du réel besoin des femmes : les fleurs peuvent être le signe de la réconciliation lorsque l’on a quelque chose à se reprocher et qu’on présente ces excuses…. Mais cette journée, symbole de luttes féministes encore très utiles, ne saurait se satisfaire d’excuses, elle demande prise de conscience et actions….

Et que dire des enseignes qui proposent des réductions pour cette journée, des lieux qui organisent des soirées festives pour femmes, etc…… Aïe aïe aïe !

Si vraiment vous voulez faire un geste en ce 8 mars afin de célébrer la journée internationale des droits des femmes, pourquoi ne pas prendre un petit peu de temps pour réfléchir et penser aux femmes de votre entourage et leurs besoins pas toujours avoués sur différents sujets :

-          A la maison :

Répartition des tâches quotidiennes bien sûr, mais aussi poids de leurs arguments dans les choix de vie du couple ou de la famille, rôle dans l’éducation, dans l’accompagnement des aïeux, temps libre accordé à leurs propres loisirs, intérêt pour leur santé, …

Vous savez à peu près ce qu’il en est chez vous, mais un peu moins chez vos voisins, cousins, amis, collègues…. Et quel intérêt portez-vous à ces questions ?… car au-delà de ces considérations, on peut rappeler quelques statistiques de violences conjugales… et les victimes sont en majorité des femmes… Petit rappel

Pour en savoir plus : http://www.stop-violences-femmes.gouv.fr/

 

-          Au travail : interrogez-vous maintenant sur la place de la femme dans votre entreprise :

–> Y a-t-il des services/métiers plus féminins que d’autres (et si oui sur quels critères)

–> Quelle est la part des femmes dans les postes à responsabilités, dans les réseaux informels d’influence, dans les contrats précaires…

–> Et comment se conduit-on au quotidien : peut-on retrouver une forme de légèreté dans les « plaisanteries » faites aux femmes, un humour grivois, … ; recense-t-on des cas de harcèlement sexuel ? Sont-elles soutenues lorsque des clients, usagers, prestataires, se permettent aussi quelques remarques inappropriées qu’on ose faire seulement aux femmes…. ? Trouvent-elles de l’écoute et de la prise en compte de leur éventuelle humiliation ?

–> Et dans d’autres entreprises que vous connaissez… ?

 

-          Les interactions au quotidien :

–> Êtes-vous le même face à des situations conflictuelles auxquelles vous seriez mêlé, selon si vous avez face à vous un homme ou une femme : caisse d’un magasin, agent municipal en charge des PV de stationnement, contrôleur de train, cycliste ou piéton gênant, serveur de restaurant, ….

–> Avez-vous des aprioris face à des femmes qui doivent vous aider dans certains moments de vos vies : médecins, avocats, notaires, juges, élues, propriétaires, …

 

 

Si vous vous penchez vraiment sur la question en toute honnêteté, cela va déjà vous prendre un petit moment d’introspection, jamais inutile au demeurant… puisque c’est aussi un prétexte pour s’interroger sur sa capacité à nouer des relations en général… et à faire en sorte que ces relations soient de qualité et perdurent.

 

Ces propos ne s’adressent évidemment pas qu’aux hommes J

 

En plein période de campagne électorale pour les Présidentielles, attendons-nous à de grands discours…. Alors que les porteurs de ces paroles sont souvent mal placés pour apporter un éclairage conscient et courageux sur ces questions : combien de femmes candidates ? porte-paroles de candidats ? directrices de campagne ?…. (et que dire des femmes candidates qui ne doivent leur poste qu’à leur papa qui leur a tracé la route pour le nom, et pas nécessairement pour renouveler les pratiques, suivez mon regard (courroucé) mais c’est un aparté….)… Quelle est la place des femmes dans les partis, les syndicats, au-delà des obligations de quotas… ? On peut me répondre qu’elles y sont moins nombreuses… mais pourquoi ? Comment les femmes peuvent-elles faire vivre leurs convictions au service d’une cause qui leur est chère?

Et sans vouloir entrer dans la polémique de ce qu’on appelle le « Pénélope Gate », on peut voir cet « épisode » de la campagne comme un symptôme de cette incapacité à considérer la femme comme un acteur politique avec son rôle particulier :

-          admettons que tout ce qu’on dit est faux et qu’elle a joué un rôle important dans la carrière du candidat, on la considère alors surtout comme «épouse de » ;

-          a contrario, si elle n’a pas travaillé et était donc titulaire d’un emploi fictif, elle était une forme de « manne financière » pour son mari…, rôle particulier…

-          et enfin l’affaire porte son Prénom… (ce qu’on ne fait pas pour les affaires concernant les hommes… )

 

Prétexte pour envisager de nouvelles formes de relations ?

Je n’ai abordé ici que des thématiques propres à notre société française, mais je reste consciente qu’ailleurs, d’autres combats pour les femmes sont nécessaires…

On remet actuellement en cause les pratiques communes de collaboration dans les différentes structures qui tendent à ne plus satisfaire tous les acteurs… en entreprise, association, politique, syndicat, etc…  Rappelons que collaborer signifie « travailler avec » et « travailler pour », ce qui ne crée pas d’obstacles aux enjeux de pouvoir…. Enjeux qui viennent polluer les projets, et souvent les femmes, avouons-le…

A contrario, la coopération permet de « construire ensemble »…  Ainsi, avec de bonnes méthodes de travail coopératif (connues comme le Métaplan, et moins connues comme vous pouvez retrouver dans différents ouvrages sur la créativité et l’intelligence collective), on peut davantage émettre de nouvelles idées, en tester avec le droit à l’erreur, les améliorer dans la concertation, … Et étonnamment, on entend moins parler de problèmes de places des femmes dans ce contexte…

 

Bref, pas de fleur, juste un peu de temps pour changer les pratiques…

Pas de grand discours puisque, pour les mots, préférons la littérature, le théâtre, le cinéma…. Les portraits de femmes comme savent les présenter les auteurs classiques ou les cinéastes… parlent plus que des discours moralisateurs (pas nécessairement sincères…). Alors choisissez : Nana, Anna Karénine, Madame Bovary, le Chœur des Femmes, …

 

En même temps, si vous avez déjà offert les fleurs, ça ira pour cette fois… les femmes sont ouvertes et prêtes à vous accorder ce droit à l’erreur ;)
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Nelly Margotton

 

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